Magret de canard à la poêle, cuisson rosée et sauce au miel

Par Équipe Manger Ici Mis à jour le

⏱ 35 min 🍽 4 portions 🔥 370 kcal Soyez le premier à noter
  • • Un magret de 400 g pour 2 personnes, la portion la plus courante dans 21 recettes publiées
  • • Poêle froide et feu moyen-doux : 10 à 12 minutes côté peau, en retirant la graisse au fur et à mesure
  • • 3 à 4 minutes côté chair, puis 52 °C à cœur et 5 minutes de repos pour un magret rosé
  • • Le rosé reste un choix de goût : les agences sanitaires conseillent de cuire la volaille à cœur, au-delà de 65 °C
  • • Environ 370 kcal par portion avec la peau et la sauce, 170 kcal pour la chair seule
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Assiette blanche garnie d’un magret de canard tranché en éventail, chaque tranche montrant une peau dorée et quadrillée, une fine couche de gras et une chair rosée, avec un filet de sauce brune au miel et des pommes de terre sautées au persil et à la fleur de sel, à côté d’un verre de vin rouge, d’une fourchette et d’un couteau

Ingrédients

4 portions

Préparation

Le magret de canard est le filet d’un canard engraissé pour le foie gras, vendu avec sa peau et sa couche de gras. On le cuit surtout côté peau, pour faire fondre la graisse, puis brièvement côté chair, et on le sert rosé. Notre recette pour 4 demande 2 magrets de 400 g, 15 minutes de poêle et 5 minutes de repos.

Qu’est-ce qu’un magret de canard ?

Tous les filets de canard ne sont pas des magrets. Le droit européen réserve ce nom au filet d’un canard ou d’une oie gavés pour le foie gras. Le règlement délégué (UE) 2026/343 encadre la vente des volailles. Il définit le magret comme le « filet de poitrine des canards et oies visés au point 3), comprenant la peau et la graisse sous-cutanée couvrant le muscle de la poitrine, sans le muscle pectoral profond ».

Le point 3, c’est le foie gras : des canards ou des oies « gavés de façon à produire l’hypertrophie cellulaire graisseuse du foie. » Les espèces citées sont le canard de Barbarie et le mulard, un croisement de Barbarie et de cane commune. Le canard de Pékin n’y figure pas.

Magret, filet et aiguillette

Le muscle pectoral profond, exclu du magret, c’est l’aiguillette, vendue à part. Un filet de canard de Barbarie non gavé reste un « filet de canard », même s’il a la même forme. La règle est ancienne : l’Europe définit le magret depuis le règlement (CEE) n° 2891/93, en vigueur le 1er décembre 1993, adopté « pour éviter des pratiques frauduleuses ».

L’interprofession du foie gras, le CIFOG, fait remonter la règle à un décret français du 18 février 1986. Nous n’avons pas pu lire ce texte sur Légifrance.

Un mot gascon

Le mot vient du gascon « magre », maigre : c’est la partie maigre de la poitrine d’un canard gras. Le Trésor de la langue française le définit comme le « Filet ou poitrine de canard gras. » Sa première trace écrite date de 1976, chez Georges Perec, sous la forme « un maigret de canard ». En 1977 vient le « magret de canard aux cèpes » d’un livre de cuisine occitane.

Les dictionnaires ne sont pas tous aussi stricts. Le Larousse parle d’un « Filet de canard engraissé pour la fabrication du foie gras. » L’Académie française est plus large : « Filet découpé dans la partie maigre de la poitrine d’une volaille. » Au Québec, Usito donne simplement le « filet de la poitrine de canard. » Sur l’étiquette, c’est la définition européenne qui compte.

André Daguin et l’Hôtel de France d’Auch

Le magret servi comme une pièce de bœuf est un plat récent. On l’attribue au chef gersois André Daguin, à l’Hôtel de France d’Auch. L’office de tourisme du Gers, Tourisme Gers, écrit : « C’est en 1959 qu’André DAGUIN invente le plat depuis son établissement de l’Hôtel de France à Auch. »

Le même texte précise : « Il est le premier à avoir eu l’idée de cuisiner comme une viande rouge ce filet de volaille grasse jusqu’alors consommé en confit. » Avant lui, dans les fermes du Sud-Ouest, la poitrine du canard gras finissait le plus souvent dans le pot de confit.

Une date à prendre avec prudence

La date de 1959 ne repose sur aucun document de l’époque que nous ayons pu lire. Le CIFOG parle plutôt des années 1960. Le chef est mort en décembre 2019. La dépêche de l’AFP, reprise par Gulf News, cite alors Roland Heguy, président de l’Umih. Il met le mot entre guillemets : « He was the one who ‘invented’ the magret de canard ».

Sa fille, Ariane Daguin, installée aux États-Unis, nuance à sa façon dans un hommage : « My father is also the first one who served magret as a duck steak ». Elle renvoie à un article du New York Times de juin 1971. Dans les livres numérisés par Google, l’expression « magret de canard » apparaît en 1968. Elle devient courante dans les années 1980.

Le magret aujourd’hui : IGP, Label Rouge et gavage

Le Sud-Ouest a son indication géographique protégée, le Canard à foie gras du Sud-Ouest, enregistrée le 27 juin 2000. Son cahier des charges n’admet que des mâles mulards ou de Barbarie. Il précise : « Le poids minimum des magrets ou maigrets est fixé à 300 grammes. »

Le même texte fixe la part de peau et de gras : « Le taux d’engraissement (graisse + peau/poids total) est compris entre 25 % et 45 %. » Un magret de 400 g porte donc de 100 à 180 g de peau et de graisse. Le Label Rouge LA 12/89 va plus loin, avec des canards de 102 jours au moins et un magret cru d’un « poids minimum de 350 g. »

Le débat sur le gavage

Le magret vient d’un canard gavé. Selon l’IGP, « Les canards sont gavés pendant 10 jours minimum et 20 repas minimum. » En 1998, le comité scientifique européen de la santé et du bien-être animal s’est prononcé. Pour lui, le gavage, « feeding, as currently practised, is detrimental to the welfare of the birds. » Autrement dit, il nuit au bien-être des oiseaux tel qu’il était pratiqué.

La France protège pourtant le foie gras comme patrimoine culturel et gastronomique. En 2022, le ministère de l’Agriculture rappelait à l’Assemblée nationale que depuis 2016, les palmipèdes sont logés en groupe, « marquant ainsi la fin de l’utilisation des épinettes. » La grippe aviaire a aussi pesé sur la filière : le ministère annonçait en 2024 plus de 50 millions de canards vaccinés.

Feu doux ou feu vif : ce que disent 21 recettes

Nous avons lu 21 recettes et fiches de cuisson publiées en France, en Suisse, en Belgique, au Québec et aux États-Unis. Elles s’accordent sur le quadrillage de la peau. Elles se divisent sur tout le reste :

  • Le départ : 4 recettes partent d’une poêle froide, 7 d’une poêle chaude à feu doux, 9 d’une poêle chaude à feu vif.
  • Le temps côté peau, pour un magret français cuit entièrement à la poêle, va de 5 à 15 minutes, avec une médiane de 7 minutes.
  • Le temps côté chair va de 3 à 7 minutes, avec une médiane de 5 minutes.
  • Le four, quand il sert à finir la cuisson, chauffe de 160 à 220 °C, pendant 5 à 14 minutes.
  • Le repos va de 4 à 10 minutes, avec une médiane de 5 minutes.
  • La température à cœur n’apparaît que dans 2 recettes sur 21.

Pourquoi nous partons à froid, à feu modéré

Les recettes de sites participatifs, comme Marmiton ou 750g, saisissent le magret à feu vif. Les chefs, les producteurs et les écoles de cuisine préfèrent une chaleur modérée. Le Chef Simon est le plus net : « Oubliez la technique barbare qui voudrait qu’un magret se brûle à sec dans une poêle et à feu très vif ». À feu vif, explique-t-il, la viande se rétracte et brûle en surface en restant crue au centre.

Le producteur du Sud-Ouest Delpeyrat écrit : « Dans une poêle froide, déposer le magret côté peau sans ajouter de matière grasse, puis le cuire à feu moyen pendant 5 min. » Les deux recettes suisses de Fooby partent aussi d’une poêle froide.

Aux États-Unis, l’équipe d’America’s Test Kitchen a testé plusieurs réglages. Sa conclusion : « Cooking the duck skin side down over moderate heat is key in order to render the fat and crisp the skin ». Ses filets de canard américains, de 170 g, cuisent 25 minutes côté peau. Un magret français, plus épais et plus gras, demande moins : nous retenons 10 à 12 minutes.

Quadriller la peau et retirer la graisse

Le quadrillage aide la graisse à fondre et empêche le magret de se rétracter. Le Chef Simon le dit dans sa fiche au poivre vert : « Inciser la graisse en losanges pour éviter la rétractation à la cuisson. » Tracez des losanges de 1 cm environ avec la pointe d’un couteau bien affûté. Coupez la peau et le gras, jamais la chair, sinon le jus s’échappe.

Pendant la cuisson, la graisse fond et s’accumule dans la poêle. Retirez-la à la cuillère toutes les 3 ou 4 minutes, dans un bol résistant à la chaleur. Ne la versez jamais dans l’évier : elle fige dans les canalisations.

Si la graisse s’enflamme

Une poêle pleine de graisse chaude peut prendre feu. La préfecture de l’Oise le rappelle : « Ne jamais jeter d’eau sur l’huile en feu au risque de provoquer un nuage de feu ». Coupez le feu et posez un couvercle sur la poêle.

Quelle température à cœur pour un magret rosé ?

Le magret se sert traditionnellement rosé. Le Guide Hachette des vins le résume dans sa fiche sur les magrets grillés : « Le magret est une viande rouge qui, à ce titre, doit être cuite légèrement saignante, tout au plus rosée, sous peine d’être sèche. »

Deux sources seulement donnent un chiffre. Le CIFOG, dans une recette au coulis de framboise, écrit : « Achever de les cuire au four à 52°C à cœur (utiliser un thermomètre de cuisson). » America’s Test Kitchen sort ses filets à 52 °C et mesure 54 °C après le repos. Nous visons donc 52 °C à la sortie de la poêle.

Sans thermomètre, appuyez sur la chair avec le doigt. Rosée, elle reste souple et rebondit un peu. À point, elle devient ferme.

Le magret rosé est-il sans risque ?

Le canard est une volaille, et les agences sanitaires le traitent comme tel. L’Anses conseille de « s’assurer d’une cuisson suffisante (> 65 °C à cœur) des viandes de volailles et de boucherie » contre la bactérie Campylobacter. Elle recommande aussi de « ne pas consommer de viande de volaille crue ». Le tataki de magret, saisi et cru au centre, n’est donc pas conseillé.

L’agence allemande d’évaluation des risques, le BfR, a étudié le cas du magret. Elle note que « Campylobacter are detected most frequently on the surface of duck breast ». Saisir la peau et la chair tue donc la plupart des germes. Mais le BfR ajoute : « The searing process merely reduces the risk of infection. »

Le rosé est donc un choix de goût, pas une garantie. Pour un enfant, une personne âgée ou fragile, cuisez le magret à cœur, au-delà de 65 °C. Lavez la planche et le couteau qui ont touché la viande crue avant de trancher la viande cuite.

Magret et grossesse

Pendant la grossesse, sans immunité contre la toxoplasmose, le magret rosé est à éviter. L’Assurance maladie demande de cuire la viande « à plus de 68 °C ». Elle ajoute : « évitez la consommation de viande marinée, fumée, salée ou grillée ». Le magret fumé ou séché en tranches est donc exclu.

Dans ce cas, prolongez la cuisson côté chair jusqu’à 11 ou 12 minutes, comme le conseille Delpeyrat pour un magret bien cuit. Le jus qui coule à la coupe ne doit plus être rosé.

Au four, à la plancha ou au barbecue

Au four, commencez toujours par la poêle, côté peau, pour fondre le gras. Ricardo, au Québec, laisse ses magrets de 350 g 15 minutes à feu doux côté gras. Il les retourne ensuite et les met 8 à 10 minutes au four à 190 °C, pour une viande rosée. C’est la bonne méthode pour 4 magrets à la fois, qui ne tiennent pas dans une poêle.

À la plancha, le CIFOG fait dorer les magrets 10 minutes à feu doux côté peau, en jetant la graisse plusieurs fois. Il les cuit ensuite 4 à 5 minutes côté chair. Au barbecue, la graisse qui coule sur les braises fait monter des flammes. Faites d’abord fondre le gras à la poêle, puis finissez sur la grille.

Sauces : miel, orange, figues ou poivre vert

Notre sauce au miel et au vinaigre balsamique est la plus fréquente dans les recettes lues. Elle se fait en 2 minutes dans la poêle de cuisson. Marmiton prévient avec raison : « Ne pas faire bouillir, la préparation tournerait au caramel. »

Les autres grandes familles de sauces :

  • À l’orange, ou bigarade : Ricardo, Fooby et le Chef Simon. Remplacez le miel par un jus d’orange réduit avec un trait de vinaigre.
  • Au poivre vert : échalote, porto ou cognac, crème et grains de poivre vert, chez le Chef Simon et America’s Test Kitchen.
  • Aux figues : figues fraîches rôties, miel et romarin, ou figues sèches au vin rouge chez Ricardo. Cette version est la plus recherchée de l’automne.
  • Aux cèpes : le mot « magret » entre dans le Trésor de la langue française avec un magret de canard aux cèpes, en 1977.

Que faire de la graisse de canard ?

Gardez la graisse fondue dans un pot fermé, au réfrigérateur. Elle sert à faire sauter des pommes de terre : ce sont les pommes sarladaises, avec de l’ail et du persil. Coupez 800 g de pommes de terre à chair ferme en cubes de 2 cm, puis faites-les dorer 20 à 25 minutes dans 3 cuillères à soupe de graisse.

Avec le magret, servez aussi un gratin dauphinois, une polenta crémeuse ou des patates douces au four. Une poêlée de cèpes ou des figues rôties vont bien en automne.

Quel vin servir avec le magret ?

Le Guide Hachette conseille, pour un magret grillé, des rouges « denses, étoffés, au fruité encore présent » : il cite le pomerol, le pécharmant et le cahors. Pour un salmis de magrets, il ajoute les rouges robustes du Sud-Ouest, dont le madiran. Le vignoble de Madiran touche d’ailleurs le Gers, terre du magret.

Calories : avec ou sans la peau

Nous avons calculé une portion à partir de la table Ciqual de l’Anses. Un demi-magret de 400 g pèse 200 g cru, dont environ 70 g de peau et de gras. La chair cuite de cette portion pèse environ 89 g, pour 168 kcal, 24 g de protéines et 8 g de lipides.

La peau change tout. Le magret cru contient 29,4 g de lipides pour 100 g, presque tous dans la peau, et une bonne part fond dans la poêle. Si la peau croustillante garde un tiers de son gras, elle ajoute environ 150 kcal. Avec la sauce au miel, une portion fait alors environ 370 kcal.

Laissez la peau au bord de l’assiette et la portion tombe à environ 210 kcal, sauce comprise. Pour comparer, la même quantité de steak de bœuf poêlé apporte autant de protéines, avec quatre fois moins de lipides.

Conserver le magret, cru ou cuit

Cru et sous vide, le magret se garde jusqu’à la date limite de consommation imprimée sur l’emballage. Santé Canada conseille de cuire la volaille fraîche dans les 2 à 3 jours qui suivent l’achat. Pour les restes cuits : « Consommez les restes réfrigérés le plus rapidement possible, soit dans les 2 à 4 jours ».

Réfrigérez ce qui reste moins de 2 heures après le repas. Froides et tranchées finement, les tranches de magret garnissent très bien une salade de mâche aux noix. Le magret cru se congèle aussi. Décongelez-le une nuit au réfrigérateur, jamais sur le plan de travail.

Allergènes et sulfites

Le magret, le sel, le poivre et le miel ne font partie d’aucun des 14 allergènes du règlement européen 1169/2011. Le vinaigre balsamique et le vin peuvent contenir des sulfites : lisez l’étiquette. Une sauce au poivre vert à la crème ajoute le lait, une sauce à la sauce soja ajoute le soja et souvent le gluten.

Sans magret sous la main : filet, cuisse ou oie

Un filet de canard de Barbarie non gavé se cuit de la même façon, mais il est plus mince et moins gras. Comptez environ 6 à 8 minutes côté peau, puis 2 à 3 minutes côté chair, et vérifiez au toucher. Le magret d’oie, plus rare, se cuit comme celui de canard. Pour un plat de canard mijoté, gardez les cuisses : elles demandent une longue cuisson, comme un confit.

Côté sauce, remplacez le vinaigre balsamique par du vinaigre de cidre ou de framboise, et le miel par du sirop d’érable.

Foire aux questions

Faut-il mettre de la matière grasse pour cuire un magret de canard ?

Non. Le magret rend assez de graisse pour cuire seul. Posez-le côté peau dans une poêle froide et sèche.

Combien de temps cuire un magret de canard à la poêle ?

Pour un magret de 400 g, comptez 10 à 12 minutes côté peau à feu moyen-doux. Ajoutez 3 à 4 minutes côté chair pour un magret rosé, puis 5 minutes de repos.

Quelle température à cœur pour un magret rosé ?

Environ 52 °C à la sortie de la poêle. Le repos lui fait gagner encore 2 à 3 °C.

Faut-il saler le magret avant ou après la cuisson ?

Notre recette sale avant la cuisson, sur la peau et la chair. 750g ne sale qu’en retournant le magret : les deux se font.

Peut-on manger la peau du magret ?

Oui, si elle est bien dorée et croustillante. Elle reste très riche : elle peut doubler les calories d’une portion.

Combien de magrets pour 4 personnes ?

Deux magrets de 350 à 400 g, soit un demi-magret par personne.

Le magret de canard peut-il se manger rosé pendant la grossesse ?

Non, sans immunité contre la toxoplasmose. L’Assurance maladie demande une viande cuite à plus de 68 °C.

Pourquoi mon magret est-il dur ?

Il a cuit trop longtemps ou à feu trop vif, ou il n’a pas reposé avant d’être tranché. Visez 52 °C à cœur et laissez-le reposer 5 minutes.

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